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Lundi 19 mai 2008
Si Monsieur Sarkozy, "C'est Foutu !" - Par Claude Reichman
Ce n’est pas foutu », s’est écrié Nicolas Sarkozy à Vienne, dans l’Isère, le 13 mai dernier. Il parlait de ses efforts pour relancer la croissance, mais tout le monde a bien compris que c’était son subconscient qui s’exprimait et ramenait au jour le terrible sentiment d’échec qui étreint le président de la République un an après le début de son mandat.
Jamais un responsable suprême de notre pays ne s’était publiquement exprimé ainsi, même si, en privé, beaucoup avaient parfois exprimé leur découragement. Mais ce quinquennat est décidément hors norme. Il a commencé dans d’invraisemblables proclamations (« je ne vous trahirai pas, je ne vous mentirai pas, je ne vous décevrai pas »), et se termine, est-on tenté de dire tant l’échec a été rapide et apparaît définitif, dans un pathétique déni des réalités qui résonne comme un aveu.
Avant même son élection nous avions présenté la candidature de Sarkozy comme l’ultime tentative du système pour se donner meilleure apparence sans rien changer de fondamental. Les faits n’ont pas tardé à nous donner raison. La « rupture » n’était qu’un slogan de campagne. Tout continue comme avant. L’économie étouffe sous le poids des dépenses publiques, l’administration règne en maître sur chacun des actes des Français, la repentance officielle fustige leur honneur et valide les prétentions d’une immigration conquérante, et six millions de fonctionnaires connaissent une aisance qui a depuis longtemps déserté les classes moyennes du secteur privé. Rien, absolument rien de positif n’a été entrepris par le président de la République pour remédier à cette situation. Ses « 55 réformes » ne sont qu’un empilement de mesurettes qu’aucun observateur compétent et objectif ne peut prendre au sérieux.
Dans un pays qui se refuse depuis trop longtemps à regarder la réalité en face, seul un personnage comme Sarkozy pouvait émerger. Imagine-t-on un chef de guerre se faire élire en n’ayant à promettre que « du sang et des larmes » à un peuple hébété de fausses certitudes ? Le bon côté du choix de mai 2007, c’est qu’au moins une hypothèque est levée. Les Français savent à présent qu’on ne combattra pas la dérive mortelle de notre pays avec des mots. Cela ne veut pas dire que le temps des démagogues est révolu. Mais ils auront désormais moins de chances de se faire entendre.
La France mérite d’être bien gouvernée. Son grand passé, ses réalisations d’hier - et même d’aujourd’hui dans les domaines où l’Etat ne vient pas mettre sa lourde patte - doivent appeler au pouvoir des hommes et des femmes qui n’ont pas choisi d’abriter leur vie sous un statut protégé. La France n’est plus, selon une formule maintenant consacrée, qu’un pays gouverné par des fonctionnaires au profit des fonctionnaires. Et elle est en train d’en mourir. Alors la première des ruptures serait d’interdire toute fonction élective à ceux qui relèvent d’un statut public. Il se produirait alors un grand courant d’air salvateur qui ramènerait au jour les véritables forces vives de la nation et leur permettrait de reconstruire la France à leur image.
Les réformes à accomplir ne relèvent pas d’une alchimie mystérieuse. Elles ont été faites dans tous les pays qui réussissent. Si elles ne peuvent être entreprises en France, c’est parce que ceux qui vivent de l’Etat s’y opposent de toute leur pesanteur. C’est donc eux qu’il faut affronter. Ne pas oser le dire, c’est se condamner à ne pas oser le faire. Et ne pas le faire c’est la certitude de voir se déchaîner de tragiques affrontements où chacun voudra arracher aux autres une part d’un festin réduit aux rogatons à force de bombances indues et d’impéritie étatique. Alors oui, Monsieur Sarkozy, pour vous, « c’est foutu ». Car pour terminer avec un peu d’humour, comme l’avait si bien dit Pierre Dac, « un politicien est cuit quand ses mots ne sont pas crus » !
Claude Reichman
NDLR :
Si c'est foutu pour Sarko, alors ça le sera aussi pour l'alcoolo !
Par Ousmane Nadji
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