Idriss Deby n’est pas né despote, c’est la soif et l’abus du pouvoir suprême qui ont dressé cette couronne de totalitarisme sur tête.
Acculé sur tous les fronts, retranchés dans son palais barricadé, Deby comme Ceausescu s’est enfermé dans une déchéance psychique. La névrose du despote est une pathologie récidiviste. Sentant ses
jours en fumée, le dictateur avait en février dernier déraciné les grands arbres de N’djamena et creusé des tranchées autour des principaux axes menant au palais rose. Les stratèges du Prince
avaient eu la lumineuse idée de faire de la capitale tchadienne un bunker, pour sécuriser le palais présidentiel des éventuelles attaques des forces de l’Alliance Nationale.
Près de trois mois après les attaques des forces nationalistes, le dictateur tchadien vient de convaincre les plus sceptiques de ses errements. Idriss Deby projette de déguerpir la chambre de
commerce, la cathédrale de N’djamena, la direction des douanes et le siège de Pnud. Selon les dernières nouvelles, la direction des douanes est squattée par les éléments de la garde rapprochée. La
progression des hommes de l’Alliance Nationale et la déroute enregistrée par la soldatesque de Deby, cette semaine à Abéché, selon un proche du despote, explique cette « folie ». Sous le couvert de
l’anonymat, cette source précise « Le Boss-Deby, ndlr - a formellement exigé aux autorités de la municipalité de N’djamena la destruction des bâtiments jouxtant la chambre de commerce, la
direction des douanes, le siège de Pnud. Pire, il a ordonné la destruction des édifices autour du palais de justice et jusqu'à la place de l’indépendance. » Selon notre source, cette «
paranoïa présidentielle » vise à donner une visibilité autour de la tour d’ivoire de Deby en cas d’une probable attaque éclaire sur la capitale. « Les troupes de l’Alliance Nationale ne doivent
pas y trouver un refuge dans ces édifices. » Explique une source militaire française.
La tragédie et la folie du despote tchadien ne sont pas existentielles, mais politiques. Elles mettent à nu l’artificiel, le chauvinisme et le cynisme d’un dictateur replié dans son pays en pleine
tourmenté politique, désarticulé qu’il est par un totalitarisme ubuesque alors que le peuple appelle le changement à cor et cris. Bokassa, Ceausescu, Mobutu, Pinochet, l’histoire du totalitarisme
nous enseigne que ces despotes, au soir de leur règne sombre dans la folie du pouvoir, un rêve de pouvoir éternel qui se brise dans les durs soubresauts du changement. Deby est un patient pour
Freud, il refoule le spectre de la défaite dans subconscient politique.
La Rédaction de Tchadvision
NDLR : Je vous l'avais déjà dit. Déby est fou ! Il est atteint de démence