Espionnage Comment la France écoute le monde
Cest une priorité des services français de renseignement: écouter les communicationsqui transitent par les satellites. Depuis dix ans,la DGSE a ouvert plusieurs bases dinterception,en métropole et dans les Dom-Tom. Comment fonctionnent ces stations secrète? Qui écoutent-elles? Avec quels résultats? Ces «grandes oreilles» peuvent-elles menacer la vie privée des citoyens? Une enquête de Vincent Jauvert
Cest lun des plus grands centres découte du monde. Dans cette base secrète protégée par des miradors, des chiens policiers et des barbelés électrifiés, treize immenses antennes paraboliques espionnent, jour et nuit, toutes les communications internationales qui transitent par les satellites visés.
Où est cette base ? Aux Etats-Unis? En Russie? Non, dans le Périgord, sur le plateau de Domme, à côté de laéroport de Sarlat. Le lieu est officiellement (et pudiquement) appelé «centre radioélectrique». Là, le service français despionnage, la DGSE, surveille quotidiennement des centaines de milliers des millions? de discussions téléphoniques, de-mails, de fichiers ou de fax. Cest le site principal des «grandes oreilles» de la République.
Ce nest pas le seul. A linstar des Etats-Unis et des pays anglo-saxons liés à eux, la France a, ces dix dernières années, mis en place un réseau mondial dinterception. «Le Nouvel Observateur» peut confirmer lexistence et publier les photos de trois autres bases découtes «satellitaires» de la DGSE. Lune dont le nom de code est «Frégate» est cachée dans la forêt guyanaise, au cur du centre spatial de Kourou. Lautre, terminée en 1998, est accrochée au flanc du cratère Dziani Dzaha, sur lîle française de Mayotte, dans locéan Indien. Toutes les deux sont gérées en commun avec le BND (Bundesnachichtendienst), le service secret allemand. Le troisième centre est dans la banlieue ouest de Paris, sur le plateau dOrgeval, aux Alluets-le-Roi. Au total, une trentaine dantennes «couvrent» la quasi-totalité du globe, à lexception du Nord sibérien et dune partie du Pacifique.
Vincent Jauvert
Le Nouvel Observateur
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NDLR : Ce n'est pas étonnant! Avec tout cet arsenal il y a de quoi alimenter "El Diablo, Ibliss Déby" sur toutes les conversations, faits et gestes de la rébellion.
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